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Expédition Kipawa-Dumoine - partie 3

En quelques mots: 5 canots duos – 16 jours – 275 kilomètres – 27 portages – deux tronçons de rivière remontés – plusieurs lacs – deux rivières descendues. 


Rivière Dumoine et mot de la fin


Nous en sommes au point de mise à l’eau de l’expédition de l’an dernier et à notre premier « vrai » rapide depuis un bon moment. Un de mes objectifs, lors de cette expédition, est de m’habituer à pagayer à l’arrière et nous avons alterné à toutes les demi-journées. C’est moi qui me trouve à l’arrière pour cette descente. Nous communiquons mal et nous nous accotons comme il faut sur une roche, en position de cravate. Les barils sont bien attachés dans le canot, il est accoté au niveau du joug de portage, et nos amis interviennent rapidement. Avec tous ces facteurs, nous nous en sortons avec une belle frousse et aucune égratignure, autant pour nous que pour le canot. Comme quoi deux pagayeurs expérimentés peuvent aussi vivre des émotions fortes! Respectons l’eau et soyons toujours conscients des risques. Stéphane et moi établissons une stratégie de communication et cela fera toute la différence pour les prochaines journées. 


Nous venons de terminer la traversée du lac Benoît en ce jour 13. Les journées qui nous demandaient de gros efforts physiques sont derrière nous. Nous avons planifié du temps pour savourer les rapides de ce magnifique tronçon de la rivière Dumoine. L’endroit nous permet de sortir pour voir une belle cascade en forêt. J’apprécie l’énergie du groupe et son intérêt pour les attraits culturels et naturels. Je suis toujours aussi curieuse. C’est d’ailleurs un endroit magnifique!


Je sens que je m’améliore dans la position arrière. Je profite plus des rapides. Je me sens plus forte et de plus en plus habile. Même si nous sommes en terrain connu, pour moi, c’est une tout autre perspective sur la descente. Avec l’expérience du groupe, nous descendons tous les rapides à vue. Nous profitons des arrêts contre-courant pour arrêter souvent et analyser la section à venir. Cette technique de descente en contrôle, nous permet d’avoir la vue « réelle » du rapide, au niveau des canoteurs (à recommander aux canoteurs plus expérimentés seulement). La descente des rapides génère une énergie nouvelle: nous sommes excités et nourris par l’adrénaline que la descente procure. 


Nous commençons aussi à rencontrer d’autres canoteurs, ce tronçon étant populaire à cause des rapides et de la beauté des sites de camping. La rivière Dumoine est splendide! C’est une des dernières rivières sans barrage hydroélectrique au Québec. C’est la troisième fois que je la descends à partir du lac Dumoine. Les rapides représentent un beau défi. Les portages sont bien dégagés et les campings sont sous les grands pins blancs. Ça sent bon les épines chauffées au soleil! 


Nous venons de faire le portage de la Chute, un sentier bien aménagé de 1,5 kilomètre qui représente un défi pour tous ceux qui font le trajet. C’est une belle journée qui combine aussi un peu de plat et de beaux rapides. Le temps est encore nuageux et frais, avec un peu de chaleur seulement quand le soleil pointe son nez. Nous prenons le temps de manger avant de remettre les canots à l’eau pour le site de camping. Demain, c’est l’avant-dernier jour de notre expédition et c’est « jour de congé ». Nous sommes quand même tous couchés à 20h30. Nous avons vraiment pris un rythme de voyage!


Une bonne partie du groupe passe l’avant-midi à défricher près de 400 mètres de sentier afin de participer au projet de mise en valeur d’un sentier historique longeant la rivière. Ce sentier servait aux charrettes qui fournissait les fermes établies en bordure de rivière pour nourrir les bûcherons. C’était moins coûteux que d’acheter les denrées en ville. Une fois le projet terminé, le sentier s’étendra sur 10 kilomètres entre la Grande chute et le camping des rapides du Pin Rouge. C’est un projet des Amis de la rivière Dumoine (note: en 2024, le sentier est complété: https://sentierdumoine.ca). En après-midi, je suis parmi les quelques personnes qui profitent du rapide qui longe le camping. Nous surfons, remontons le courant, passons d’une rive à l’autre : je suis enchantée! Que j’aime être sur l’eau, sentir son énergie et comprendre de plus en plus comment agir et réagir à ses mouvements. Ça se passe avec de la force, de la finesse et un peu d’intuition. 


Cette journée  de congé me permet de dire au revoir à la rivière et de passer du temps avec les membres du groupe avant le retour. Nous avons quand même vécu 16 jours ensemble, à pagayer, à portager, à suer et à partager de bons moments. C’est étonnant comme la dernière journée est unique. Les gens sont plus tournés vers eux-mêmes. Certains ont très hâte de rentrer. D’autres passeraient plus de temps sur la rivière. Quelques-uns ont hâte de donner des nouvelles. Même si nous avons encore beaucoup de plaisir, la cohésion du groupe n’est plus la même. C’est la fin d’une belle aventure. Je suis reconnaissante d’avoir pu être nomade pendant 16 jours et profiter des beautés de la nature au rythme des vagues.


INFOS PRATIQUES

Ce circuit est peu emprunté. Il est préférable de s’équiper d’un GPS pour retrouver les sentiers de portage sur les grands lacs. Les portages sont parfois encombrés, alors soyez bien équipés. Carte du trajet: http://www.cartespleinair.org/Canot/04/LienKipawaDumoineGoulet2021.pdf 



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