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Mon expérience (rapide et intense) en Louisiane

Nous sommes arrivés en Louisiane à la mi-juin, en pleine canicule : tout un timing! Nous avons trouvé un hôte qui nous a accueilli sur son terrain à Thibodaux. Il faisait tellement chaud que le tour d’interprétation du State Park était déjà annulé pour l’été et que certains commerces plus touristiques étaient fermés. Nous avons tout de même eu un avant-goût de l’architecture locale et profité de l’accueil chaleureux de notre hôte qui nous a offert des œufs de ses poules. Quelle bonne omelette ce soir-là!


La nuit fut chaude (35 degrés Celsius) et très humide. Nos corps n’ont pas pris de pause de sudation dans notre campeur sans air climatisé! Nous hésitions le lendemain. Nous ne pouvions pas amener Viva avec nous à la Nouvelle Orléans à cause de la chaleur extrême et tout semblait en dormance autour de nous. Notre hôte est venu à la rescousse : il a gardé Viva dans sa cour, à l’ombre d’un grand arbre pendant que nous allions explorer le quartier français de la Nouvelle Orléans, cette ville mythique. Nous croisons des gens tellement gentils.


Nous avons découvert une Nouvelle Orléans légèrement amortie par cette vague de chaleur inhabituelle. Les touristes, comme nous, mettaient toutefois un peu d’ambiance et nous avons eu l’avantage de pouvoir admirer l’architecture à notre rythme, dans des rues pratiquement désertes. Un peu tristounet tout de même de voir des gens influencés par l’alcool à même pas midi. Les galeries d’art sont magnifiques et en quantité! J’ai dégusté un beignet du Café du monde, ouvert 24h depuis 1962. Nous avons écouté un peu de musique sur la rue. Il faudra revenir pour vivre la pleine expérience!


Viva était TELLEMENT contente de nous retrouver. Pauvre chouette : à plein temps avec nous depuis plusieurs semaines et toute une journée seule. Elle ne nous quittait plus d’une semelle. Le lendemain, au jour 3 de notre visite de la Louisiane, pour contourner la chaleur et aussi donner une pause à Viva, nous avons pris la décision de découvrir une partie du territoire en campeur avec l’air climatisé.


Quelle bonne décision! Ce fut le meilleur musée vivant que nous ayons pu avoir. Plus nous approchions de la mer, plus nous étions en contact avec les bayous : ces bras du Mississipi, des rivières plus ou moins larges, avec de l’eau brune opaque. Plus nous étions aussi témoins des ravages de l’ouragan d’il y a deux ans et des inégalités sociales. Plusieurs maisons des plus pauvres montraient encore des traces, parfois importantes, des grandes rafales de vent. Nous avons vu des toits couverts d’une toile « temporaire », des maisons abandonnées, des murs endommagés. C’est triste.


Et quel contraste en bout de ligne! Des chalets rénovés, bien coquets, sur pilotis. Des bateaux de pêche récréative. Un concours de pêche dans une marina bien aménagée. Des gens souriants et bien équipés. C’est marquant.


Nous avons identifié une réserve de faune de la Audubon Society pour arrêter manger. Les trottoirs de bois et l’observatoire sont arrachés, mais nous utilisons le stationnement. La porte ouverte, en savourant notre salade, nous avions vu sur une petite entreprise qui vendait des appâts vivants et des crevettes. Curieuse, j’ai insisté pour aller les voir. Nous avons rencontré des gens tellement sympathiques! La dame s’occupait de la vente alors que son mari est le pêcheur de la place. Il va à la pêche tous les matins et revient avec les crevettes, les crabes et les appâts (les mêmes crevettes!).


Il est possible d’acheter les crevettes vivantes. Je les ai préférées mortes. Après 8 minutes dans le filet du pêcheur, la crevette meurt si elle n’est pas mise dans l’eau du bassin. Nous sommes repartis avec une livre de crevettes entières, pêchées du jour, pour 3 dollars. Une superbe expérience, sans flafla et authentique.


Nous sentons toutefois à quel point il y a des cercles de communautés fermées (probablement autant qu’il y a d’églises différentes). Anecdotiquement, notre hôte nous comptait comment les quartiers sont exclusifs : pas de gens d’Amérique du Sud ou de noirs dans le nouveau quartier derrière chez lui. Et plus que ça, les propriétaires sont tous plus ou moins liés : enfants, frères et sœurs, belle-famille, cousins ou cousines. Nous l’avons aussi vécu en traversant les différents quartiers qui nous ont mené près de la mer. C’est palpable, un peu partout.


La journée s’est terminée au State Park auquel nous avons accédé par un long chemin de terre. Difficile conduite en toute fin de journée! Quelle récompense toutefois : un site de camping avec une plateforme juste à nous, donnant sur le bayou. On y voit nos premiers (et non les derniers!) alligators. Nous sommes enchantés. Quelle joie également de se rafraîchir sous la douche, même si les salles de bain sont en piteux état. Les investissements dans les structures publiques sont minimaux ici. Il y a tellement d’insectes morts sur le sol et les comptoirs que je surveille s’il n’y en aurait pas un de vivant qui pourrait me monter dessus. Frissons garantis!


Autre nuit à suer! C’est un peu moins pire en pleine nature, mais pas tant. Nous commençons à accumuler le manque de sommeil. En cette troisième journée ensoleillée que nous saluons avec beaucoup de gratitude (il pourrait pleuvoir en plus!), nous louons un canot pour se balader dans les bayous. À 25$ pour la journée, nous profitons d’une expérience intime avec l’eau brune opaque, la faune et la flore.


La forêt est dense. Les sons remplissent les oreilles : forts, diversifiés, intenses. Les alligators sont bien présents, quoique sans danger semble-t-il parce que la nourriture abonde dans le parc. Parfois, une fleur de couleur intense égaie les multiples tons de vers. L’eau est tellement brune qu’on n’y verrait même pas notre main. La chaleur est étouffante dans les plus petits bras de rivière, sans vent. C’est vraiment l’idée que nous nous faisions des bayous de la Louisiane; sans payer un tour guidé à un prix exorbitant. Les sons et la végétation, surtout, nous plongent dans un autre monde.


Nous sentons l’adversité du climat. Des chaleurs intenses, l’air saturé d’humidité et nous voyons l’impact des ouragans. Dans l’histoire, les communautés ont rebâti plusieurs fois leurs chez-soi, après chaque tempête tropicale. La vie en Louisiane est décidément plus difficile que ce que nous avons senti dans d’autres états.


Nous prenons la décision d’écourter notre séjour. Nous y avons découvert beaucoup et quand même vécu intensément l’expérience. Nous avons besoin de repos, nos corps sont fatigués de la chaleur et Viva semble ne pas la supporter tellement bien. Il serait difficile de se promener en ville même si nous sommes attirés par Lafayette et autres. Nous reprenons donc la route des vacances et je suis à nouveau ébahi dès le départ : l’autoroute est sur pilotis! Sur plusieurs dizaines de kilomètres il y a de l’eau tout autour de nous. Nous voyons des arbres qui poussent dans l’eau. C’est incroyable.


Nous reviendrons un jour! J’aimerais vivre la Louisiane de temps moins chauds, où les entreprises sont ouvertes et dynamiques, quand les touristes alimentent les conversations et que la musique prend toute sa place. Je repars tout de même heureuse de cette expérience qui me semble authentique.



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